Ce matin, réveil, 6h30... Je ne sais pas, peut être une sorte de réflexe psychotique parce que je savais que je partais au lycée à pied et que j'avais oublié de recules mon réveil de 10 minutes. Peut être. Ou alors, réveillée par le bruit que fait l'eau qui coule dans le lavabo de ma mère. Je suis sûre, chez vous, l'eau fait glou glou ! Chez moi, dans ma chambre, le bruit de l'eau qui coule est pshouuuuuuuuuu.... Fort agréable pour se réveiller. Tout aussi agréable, la boule dans le ventre que j'ai au réveil depuis bientôt 5 ans. On s'y fait, à force, à cette envie de vomir dès le matin... Avec le temps,on se fait à tout de toute façon. Même au pires choses. Souffrir ? Oh, à la longue, on s'y fait. Enfin bref, je me suis donc levée mécaniquement, et ai effectué toutes ces tâches aussi inutiles qu'indispensables, pour rentrer dans la norme : Dents brossées, cheveux peignés, nouvelle tenue enfilée, une tenue glacée, et un dernier regard triste lancé au jogging Nike et au pull taille 10 ans extrêmement chauds qui me servent de pyjama. Je les reverrai ce soir. Je vois l'heure et sais que je suis en avance. Sensation horrible qu'être en avance. Ça engendre toujours chez moi un stress inouï. Parce que je me dis que j'ai quitté trop tôt mon pyjama, et aussi mon sommeil, qui marque encore mes paupières. Enfin, l'heure de partir. Mais pas partir comme je le voudrais. L'heure de partir en cours. Appétissant, je sais que je vais passer trois heures ce matin, vissée sur une chaise à écouter des propos qui me passent à cent kilomètres au dessus de la tête. Mais bon, on s'y fait.
J'encastre ma tête dans ma casquette, et je fourre mon menton dans mon keffieh, petite clopinette à la bouche... Et je m'en vais, pour un quart d'heure de marche en musique. En regardant devant moi, je vois une flèche violette tracée au sol. On est lundi, il est 7h40 du matin, je ne me pose pas de questions. Il ne manquerait plus que ça. Une fois arrivée au bahut, à demi congelée, je rentre dans les couloirs, après avoir regardé avec précaution, qu'aucun surveillant n'est là pour me dire d'enlever ma casquette et mes écouteurs à l'intérieur des bâtiments. A force, je vais me faire avoir, et ils vont me coller. Personne ne mets de casquette. Dommage, contre la masse, les « pions » ne diraient rien... J'arrive devant « ma » salle. Français. Pas envie. Ce sont les deux seuls mots qui me vinrent à l'esprit. Je croise deux élèves de ma classe. Marion et Melissa. En forme à cette heure là. Je m'efforce de sourire. Peur d'entendre cette question à laquelle je ne veux surtout pas avoir à répondre : « Qu'est ce que t'as ? », si je ne ris pas. Un cours sans histoire, on étudie les poèmes écrits en prison. Mais les poètes sont toujours emprisonnés par quelque chose. Alors, ce cours e-t-il encore le moindre intérêt ? J'observe ma prof. Elle me chagrine. Elle m'a toujours chagrinée. Je la plains. Parfois, en prenant du recul par rapport à ce qu'elle dit, je la vois triste. Tous les ans, elle répète la même chose à des jeunes ignorants, essayant désespérément d'en faire de bons adultes. Pour rien au monde je n'aimerais être à sa place. Je regarde par la fenêtre, le brouillard ne s'est encore pas levé sur la colline. Ça, c'est beau. Voilà ce qu'on devrait passer des heures à contempler. Quelque chose qui en vaut le coup.
Sonnerie. Cours suivant : Maths. Beurk ! Entre temps, j'alimente les ragots du lycée ; j'apprends à quelques camarades, qu'un de nos collègues, qui ressemble étrangement à une larve ambulante, a 189 de QI. 189, WOUAH ! Ce mec est appelé à faire de grandes choses ! Eh bien, je ne l'envie pas. Car leurs grandes choses ne sont pas les miennes. Etudier, chercher, trouver, être une génie, se faire connaître ; c'est bien la pire chose qu'un être humain puisse réaliser. Cela ne fait rien d'autre que détruire quelqu'un. Ce mec a donc pour moi une incroyable capacité à se détruire à petit feu. Voilà pourquoi je ne l'envie pas. Du tout. En maths, équations. Ouais, pourquoi pas, ce n'est pas pire que l'industrialisation en histoire... On dessine un tableau au tableau, le prof, plus grand que celui-ci, a toujours la bouche ouverte. Ce que lui donne toujours un air étonné. Oui, il est étonné... Du nombre d'erreurs que nous sommes capables de commettre dans une seule équation ! ah oui, j'avais oublier de vous prévenir, nous sommes nuls en maths ! Le brouillard se lève doucement au loin. Mais il est toujours aussi épais autour de mon c½ur.
Sonnerie : Récréation. J'attends Lisa avec Maëlle aux casiers. Nous la voyons. Et la quittons dans la foulée. Direction les toilettes, autre endroit assez hallucinant du bahut. Je me recoiffe, par réflexe de normalité... Je croise d'autres amies aux toilettes, lieu de rendez vous privilégié... Sympa, n'est ce pas ? L'une d'entre elles me dit « je ne sais jamais lequel choisir ». Cela me fait rire. C'est vrais, après tout, il y là l'embarras du choix : serrures cramées, portes taguées, WC bouchés, ou alors revêtis de serviettes hygiéniques en tous genre, on a la droit d'hésiter !! Au niveau des portes taguées, j'ai toujours trouvé ça particulièrement fendart les filles qui écrivent « Maxime, je t'aime plus que tout » sur les portes. Je me pose toujours la question : qu'est-ce qu'elles disent à l'élu de leur c½ur : « vas voir dans les toilettes pour filles, y a une dédicace pour toi... » ou encore « je t'ai dédié un WC, vas voir ». Romantique, on ne peut mieux... =) Quoique, les inscriptions du genre « Nique ta mère Florian fils de pute » ou un peu plus réfléchi « FN= F. Haine ». Avec un joli majeur qui trône au milieu. Oui, les waters sont un lieu d'échanges en tous genres... Ah, une surveillante pointe son nez pour nous dire qu'il y a trop de monde dans les toilettes... Croit-elle qu'on prépare un attentat suicide ? Non, on veut juste aller faire pipi en paix si cela ne dérange personne. Bien sûr il y a des toilettes libres, on pourrait croire qu'on est de mauvaise foi, mais une fois approchées des endroits en question, si l'on entre, on n'ose pas poser notre derrière sur la cuvette si s'agripper aux murs tant ils sont dégoûtants, et même si nous arrivions à nous installer, une fois tout ces « détails » remarqués que l'envie vous est passée. Si 10heures est aussi une heure de pointe aux toilettes, je ne m'en étonne pas, elles ne sont ouvertes qu'à ces heures !!! Entre temps, il y a bien les toilettes aux étages intermédiaires, mais j'admire les personnes qui les utilisent. Depuis que le bâtiment a été construit, elles 'ont certainement pas changé... : s...
Donc, après cette petite escapade dans les toilettes, Maëlle et moi, nous sommes allées de poser dans la salle d'études, faute de place au foyer. La peinture de cette salle est abominable : un vert anis très prononcé, qui recouvre tous les murs de la pièce... Après on va encore se demander pourquoi il n'y a personne dans cette salle... Etonnant, il est vrai. =) Je bipe un peu quelques "gens" n_n . Je précise : Biper consiste à appeler un correspondant et à laisser sonner une ou deux fois, pour lui dire qu'on pense à lui. Pratique qui sert surtout qu'on on a plus de crédit. Pratique qui me sert donc tout le temps. Maëlle elle aussi pense à l'élu de son c½ur, mais elle ne parvient pas à remplir le message qui lui est destiné. Non, ils ne pourront pas se voir aujourd'hui. C'est sans doute cela qui lui coupe l'inspiration... Sonnerie. Histoire Géo. Cette fameuse industrialisation. Avec Maëlle, on a. tenu peut être une demi heure avant de décrocher complètement. Le professeur nous a parlé de Darwin. Cela a relancé en nous un élan de nostalgie : La famille Delajungle !! Ce dessin animé où la petite Elsa parle aux animaux et à sont singe, Darwin... Bonne distraction pour un cours d'histoire, quelques rires incontrôlés, mais je ne me suis pas faite rappeler à l'ordre... Ouf ! Car depuis le début de l'année, le prof me rappelle souvent de me taire... =]
Adeline
J'encastre ma tête dans ma casquette, et je fourre mon menton dans mon keffieh, petite clopinette à la bouche... Et je m'en vais, pour un quart d'heure de marche en musique. En regardant devant moi, je vois une flèche violette tracée au sol. On est lundi, il est 7h40 du matin, je ne me pose pas de questions. Il ne manquerait plus que ça. Une fois arrivée au bahut, à demi congelée, je rentre dans les couloirs, après avoir regardé avec précaution, qu'aucun surveillant n'est là pour me dire d'enlever ma casquette et mes écouteurs à l'intérieur des bâtiments. A force, je vais me faire avoir, et ils vont me coller. Personne ne mets de casquette. Dommage, contre la masse, les « pions » ne diraient rien... J'arrive devant « ma » salle. Français. Pas envie. Ce sont les deux seuls mots qui me vinrent à l'esprit. Je croise deux élèves de ma classe. Marion et Melissa. En forme à cette heure là. Je m'efforce de sourire. Peur d'entendre cette question à laquelle je ne veux surtout pas avoir à répondre : « Qu'est ce que t'as ? », si je ne ris pas. Un cours sans histoire, on étudie les poèmes écrits en prison. Mais les poètes sont toujours emprisonnés par quelque chose. Alors, ce cours e-t-il encore le moindre intérêt ? J'observe ma prof. Elle me chagrine. Elle m'a toujours chagrinée. Je la plains. Parfois, en prenant du recul par rapport à ce qu'elle dit, je la vois triste. Tous les ans, elle répète la même chose à des jeunes ignorants, essayant désespérément d'en faire de bons adultes. Pour rien au monde je n'aimerais être à sa place. Je regarde par la fenêtre, le brouillard ne s'est encore pas levé sur la colline. Ça, c'est beau. Voilà ce qu'on devrait passer des heures à contempler. Quelque chose qui en vaut le coup.
Sonnerie. Cours suivant : Maths. Beurk ! Entre temps, j'alimente les ragots du lycée ; j'apprends à quelques camarades, qu'un de nos collègues, qui ressemble étrangement à une larve ambulante, a 189 de QI. 189, WOUAH ! Ce mec est appelé à faire de grandes choses ! Eh bien, je ne l'envie pas. Car leurs grandes choses ne sont pas les miennes. Etudier, chercher, trouver, être une génie, se faire connaître ; c'est bien la pire chose qu'un être humain puisse réaliser. Cela ne fait rien d'autre que détruire quelqu'un. Ce mec a donc pour moi une incroyable capacité à se détruire à petit feu. Voilà pourquoi je ne l'envie pas. Du tout. En maths, équations. Ouais, pourquoi pas, ce n'est pas pire que l'industrialisation en histoire... On dessine un tableau au tableau, le prof, plus grand que celui-ci, a toujours la bouche ouverte. Ce que lui donne toujours un air étonné. Oui, il est étonné... Du nombre d'erreurs que nous sommes capables de commettre dans une seule équation ! ah oui, j'avais oublier de vous prévenir, nous sommes nuls en maths ! Le brouillard se lève doucement au loin. Mais il est toujours aussi épais autour de mon c½ur.
Sonnerie : Récréation. J'attends Lisa avec Maëlle aux casiers. Nous la voyons. Et la quittons dans la foulée. Direction les toilettes, autre endroit assez hallucinant du bahut. Je me recoiffe, par réflexe de normalité... Je croise d'autres amies aux toilettes, lieu de rendez vous privilégié... Sympa, n'est ce pas ? L'une d'entre elles me dit « je ne sais jamais lequel choisir ». Cela me fait rire. C'est vrais, après tout, il y là l'embarras du choix : serrures cramées, portes taguées, WC bouchés, ou alors revêtis de serviettes hygiéniques en tous genre, on a la droit d'hésiter !! Au niveau des portes taguées, j'ai toujours trouvé ça particulièrement fendart les filles qui écrivent « Maxime, je t'aime plus que tout » sur les portes. Je me pose toujours la question : qu'est-ce qu'elles disent à l'élu de leur c½ur : « vas voir dans les toilettes pour filles, y a une dédicace pour toi... » ou encore « je t'ai dédié un WC, vas voir ». Romantique, on ne peut mieux... =) Quoique, les inscriptions du genre « Nique ta mère Florian fils de pute » ou un peu plus réfléchi « FN= F. Haine ». Avec un joli majeur qui trône au milieu. Oui, les waters sont un lieu d'échanges en tous genres... Ah, une surveillante pointe son nez pour nous dire qu'il y a trop de monde dans les toilettes... Croit-elle qu'on prépare un attentat suicide ? Non, on veut juste aller faire pipi en paix si cela ne dérange personne. Bien sûr il y a des toilettes libres, on pourrait croire qu'on est de mauvaise foi, mais une fois approchées des endroits en question, si l'on entre, on n'ose pas poser notre derrière sur la cuvette si s'agripper aux murs tant ils sont dégoûtants, et même si nous arrivions à nous installer, une fois tout ces « détails » remarqués que l'envie vous est passée. Si 10heures est aussi une heure de pointe aux toilettes, je ne m'en étonne pas, elles ne sont ouvertes qu'à ces heures !!! Entre temps, il y a bien les toilettes aux étages intermédiaires, mais j'admire les personnes qui les utilisent. Depuis que le bâtiment a été construit, elles 'ont certainement pas changé... : s...
Donc, après cette petite escapade dans les toilettes, Maëlle et moi, nous sommes allées de poser dans la salle d'études, faute de place au foyer. La peinture de cette salle est abominable : un vert anis très prononcé, qui recouvre tous les murs de la pièce... Après on va encore se demander pourquoi il n'y a personne dans cette salle... Etonnant, il est vrai. =) Je bipe un peu quelques "gens" n_n . Je précise : Biper consiste à appeler un correspondant et à laisser sonner une ou deux fois, pour lui dire qu'on pense à lui. Pratique qui sert surtout qu'on on a plus de crédit. Pratique qui me sert donc tout le temps. Maëlle elle aussi pense à l'élu de son c½ur, mais elle ne parvient pas à remplir le message qui lui est destiné. Non, ils ne pourront pas se voir aujourd'hui. C'est sans doute cela qui lui coupe l'inspiration... Sonnerie. Histoire Géo. Cette fameuse industrialisation. Avec Maëlle, on a. tenu peut être une demi heure avant de décrocher complètement. Le professeur nous a parlé de Darwin. Cela a relancé en nous un élan de nostalgie : La famille Delajungle !! Ce dessin animé où la petite Elsa parle aux animaux et à sont singe, Darwin... Bonne distraction pour un cours d'histoire, quelques rires incontrôlés, mais je ne me suis pas faite rappeler à l'ordre... Ouf ! Car depuis le début de l'année, le prof me rappelle souvent de me taire... =]
Adeline

